La COVID, c’est pour qui?

Carrefour des lecteurs
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Le Soleil
Les vieux et les vieilles ont été les premiers à manger la claque de la COVID. Fauchés en grand nombre, objets de restrictions serrées, étroitement surveillés; le grand âge était en péril. La vague semblait en perte de vitesse par la suite. Une certaine lassitude s’installe. La menace sur le point d’être jugulée par politiciens et spécialistes, c’est le déconfinement qui s’amorce avec un effet de relaxation, un relâchement de la vigilance, une certaine somnolence généralisée.

On doit vivre avec le virus. La distance incontournable dans les autobus scolaires respectée! Les déplacements sans bavure dans les écoles peu adaptées! Des stratégies d’évitement avec des limites d’efficacité.

De plus, l’envie de désobéir un peu, beaucoup, de se sentir à l’abri de cette menace amplifiée par une presse friande de frissons progresse avec une certaine désinvolture. C’est une poussée d’audace un peu partout. On devient presque anti-masque épousant la thèse d’un complot obscur. La COVID, c’est presque pour les autres, on le dit implicitement. Le karaoké, les partys sans balise, les initiations universitaires et leurs trouvailles déroutantes illustrent une insouciance provocante. On ira même jusqu’aux grandes effluves intimes comme jeu à la roulette russe, semble-t-il!

Le retour précipité à la vie normale ouvre la voie au malheur. La vigilance bascule partout, ayant perdu son caractère de prévention. La peur se banalise. Le risque s’apprivoise. La presse insistante, répétitive, invite à une écoute distraite ou à l’indifférence. La COVID, c’est pour les autres. On en est rendus là!

Douglas Beauchamp
Québec