La conscience professionnelle

Dans les années 1920, le romancier Julien Green a enseigné le français à l’Université de Virginie. Il avait de bons élèves, mais aussi de moins bons. Il a eu ces commentaires sur l’un d’eux: «Ses interrogations écrites étaient nulles. J’étais avec lui aussi indulgent que je pouvais l’être sans blesser la conscience professionnelle, mais il me donnait du mal.»

Au moment où l’on déplore les faibles connaissances en français de trop d’étudiants universitaires aspirant à devenir professeurs, il y a lieu de se demander si leurs propres professeurs n’ont pas blessé plus d’une fois leur conscience professionnelle en se montrant trop indulgents à leur endroit, et en faisant passer ceux qui ne le méritaient pas. Un examen de conscience s’impose chez nombre d’entre eux, sans oublier les décideurs du ministère de l’Éducation.

Bientôt, les diplômes ne vaudront plus le papier sur lequel ils sont imprimés. En Finlande, l’université est gratuite, mais n’y entrent que les plus méritants.

Sylvio Le Blanc

Montréal