La plus grande mosquée de la capitale de la Norvège se trouve dans un des quartiers les plus immigrants d'Oslo, à Furuset. Sur la photo, deux femmes voilées marchent dans les rues d'Oslo.

La charte de l'humiliation

Nous ne sommes pas seuls à habiter la terre. Depuis longtemps, des gens venus d'ailleurs arrivent au Québec avec leurs coutumes et leurs croyances. Ils découvrent un territoire aux saisons bien marquées, s'adaptent en douceur, s'intègrent plus ou moins, deviennent nos voisins. Nous nous apprivoisons mutuellement, nous créons des liens, comme dirait Saint-Exupéry. Tranquillement, la méfiance se transforme en confiance, l'ignorance en connaissance et la tolérance en respect. S'il y a parfois des mésententes, des incompréhensions, si le bon sens ne se fraye pas toujours un chemin d'eux à nous et de nous à eux, nous essayons de trouver des accommodements raisonnables. Et nous finissons la plupart du temps par nous entendre, hors des tribunaux, car ils font partie un peu de la famille, «et les humains sont de ma race», comme le disait Gilles Vigneault.
Nous ne sommes pas seuls à habiter la terre. Depuis longtemps, des gens venus d'ailleurs arrivent au Québec avec leurs coutumes et leurs croyances. Ils découvrent un territoire aux saisons bien marquées, s'adaptent en douceur, s'intègrent plus ou moins, deviennent nos voisins. Nous nous apprivoisons mutuellement, nous créons des liens, comme dirait Saint-Exupéry. Tranquillement, la méfiance se transforme en confiance, l'ignorance en connaissance et la tolérance en respect. S'il y a parfois des mésententes, des incompréhensions, si le bon sens ne se fraye pas toujours un chemin d'eux à nous et de nous à eux, nous essayons de trouver des accommodements raisonnables. Et nous finissons la plupart du temps par nous entendre, hors des tribunaux, car ils font partie un peu de la famille, «et les humains sont de ma race», comme le disait Gilles Vigneault.
Y avait-il péril en la demeure pour qu'un gouvernement minoritaire propose une charte de la laïcité qui divise la population à ce point au lieu de rassembler, qui restreint la liberté d'expression et de religion de ses employés? Pourquoi cette urgence de légiférer sur des signes religieux visibles qui soudain font peur, insécurisent les uns et humilient les autres? Où sont les études de la montée des intégrismes au Québec, des inégalités entre les hommes et les femmes quand ceux-ci affichent leur foi au travail? À qui profitent cette polarisation d'opinions, ces écarts de langage que j'entends parfois à la commission parlementaire, ce clivage entre croyants et incroyants, cette fixation sur le hidjab, cette suspicion envers ceux et celles qui ne pensent pas et ne croient pas comme nous?
L'État doit être laïque et neutre, bien sûr, mais les citoyens ne le sont pas. Un État libre n'impose pas la foi ou l'athéisme, mais en permet l'expression sans brimer personne, sans en faire la promotion, en misant sur la fraternité et l'attention aux plus démunis. Cela demande de la part du pays hôte une confiance en lui-même, une réconciliation avec son passé, une intégration de son héritage spirituel, une vigilance quant aux dérapages possibles, une éradication de l'humiliation qui conduit trop souvent au fanatisme. C'est pas mal plus sérieux qu'un simple enjeu électoral.
Jacques Gauthier, auteur
Gatineau