Le boisé, voisin du cimetière Saint-Patrick, «possède une valeur patrimoniale très faible en comparaison avec d'autres parterres ayant préservé leur caractère pittoresque», a indiqué la Commission de la capitale nationale (CCNQ).

La CCNQ fait fausse route

En réaction au texte «Domaine Woodfield: une valeur patrimoniale 'faible', dit la CCNQ» du journaliste Simon Boivin
L'analyse de la CCNQ de la valeur patrimoniale du boisé Woodfield telle que rapportée dans Le Soleil ne tient pas la route sur plusieurs points. Le boisé Woodfield ne doit pas être considéré comme un élément isolé mais comme faisant partie de l'ensemble du cimetière-jardin Saint-Patrick. À ce titre, sa présence préserve le paysage naturel historique de cet ancien grand domaine en jouant un rôle essentiel d'écran végétal. C'est ce qui lui confère une valeur patrimoniale élevée. La faiblesse de la CCNQ à évaluer et à mettre en valeur les richesses patrimoniales du site de Sillery n'est pas nouvelle. Le rapport du BAPE sur la phase III de la Promenade Samuel-de-Champlain publié en septembre 2013 relève plusieurs lacunes dans les mesures proposées de mise en valeur du site patrimonial de Sillery et invite la CCNQ à créer un comité d'intervenants en patrimoine. L'évaluation des investissements rapportés dans l'article fait aussi fausse route. Le boisé Woodfield a été acheté pour 1,6 million $ et le terrain des Soeurs Jésus-Marie pour 5 millions $, pour un total de $6,6 millions, ce qui est loin du 11,4 millions $ avancé par la CCNQ pour leur acquisition. Quant aux $7,5 millions $ estimés pour des aménagements, ils surprennent d'autant plus que personne n'a demandé d'aménagements dans le boisé Woodfield ou sur le terrain des Soeurs Jésus-Marie. La perte du boisé Woodfield serait une autre étape dans l'effritement irréversible du site patrimonial de Sillery qui, s'il était préservé et mis en valeur, aurait, on le sait, le potentiel de relancer notre industrie touristique.
Johanne Elsener présidente
Héritage Québec