La brutalité du président

Lors de son discours d'investiture, Donald Trump a adopté une position claire quant à sa future gestion de la radicalisation religieuse au sein de l'islam : «We will completely eradicate radical islamism from the face of the earth.» Sa volonté de déplacer l'ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem soulève un questionnement profond quant à sa réelle capacité d'«éradiquer» cette idéologie politicoreligieuse.
En effet, dans l'éventualité où les Américains en viendraient à déplacer leur ambassade, ceux-ci s'exposeraient à l'augmentation des tensions entre Israéliens et Palestiniens et, par extension, à une haine encore plus prononcée de la part du monde musulman à l'égard de l'Occident. Le ton employé par Trump à l'égard de l'islam radical semble aller dans le sens de ses orientations politiques. On fait table rase d'une politique d'apaisement pour s'ouvrir réellement à un allié occidental, enclavé dans un monde oriental, qu'il faut protéger et légitimer à tout prix. Car il y aura un prix à payer pour le mépris à l'égard des Palestiniens et, plus largement, du monde arabe. 
Le ton employé par le nouveau président porte une brutalité qui n'apaisera certainement pas un peuple palestinien en recherche de justice et un monde musulman qui en a assez d'être associé aux courants les plus extrêmes de l'islam. La férocité avec laquelle Trump met de l'avant «le devoir civilisationnel de l'Occident» ne permet pas de penser que celui-ci va «éradiquer» l'islam radical. Au contraire, on peut aisément envisager une augmentation des tensions ethniques et religieuses non seulement au sein du Moyen-Orient, mais aussi sur le sol américain.
Alexandre Blanchette, étudiant à la maîtrise en science politique
Université Laval