La boxe avant la santé?

Je fais partie d’un groupe nombreux de personnes qui classent la boxe parmi les activités à proscrire, en raison des risques pour la santé. Je fais mienne la réflexion d’un médecin spécialiste de l’hôpital l’Enfant-Jésus qui déclarait, substantiellement, dimanche dernier au téléjournal: «Il n’y a qu’une loi pour la boxe: ne pas donner de coups en bas de la ceinture. Mais on peut, apparemment sans problèmes, causer une commotion cérébrale!»

La santé est un bien inestimable: il faut tout faire pour la sauvegarder. Il n’y a pas que les accidents possibles qu’il faut tenter d’éviter. Il y a la longueur et la qualité de vie qu’il faut promouvoir. Je ne vous apprendrai sûrement pas qu’ils sont trop nombreux, les ex-boxeurs dont la qualité de vie physique et mentale sont hypothéquées à tout jamais, au détriment de leur propre joie de vivre et de celle de leurs proches.

Ceci dit, je ne voudrais en aucune façon faire courir le risque (extrêmement minime, je l’avoue) de faire perdre son emploi à un journaliste sportif, en raison de la faiblesse de la conscience populaire face à la dangerosité de cette activité, faiblesse éthique qui est inversement proportionnelle à la puissance financière qui soutient ce pseudo-sport.


Réal Nadeau
Saint-Pierre-de-Broughton