Kenney est choqué

Le gouvernement de Justin Trudeau a approuvé deux projets de pipeline à la condition que le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley introduise une taxe carbone en Alberta, ce qui fut fait le 1er janvier 2017. Mais voilà que le nouveau gouvernement albertain, celui conservateur de Jason Kenney, compte l’abolir. Si cela advient, j’espère que le gouvernement Trudeau revendra dans les meilleurs délais Trans-Mountain (qu’il a acheté et payé 4,5 milliards $ pour satisfaire l’Alberta), même à perte.

Si le gouvernement albertain rompt sa promesse, pourquoi le gouvernement canadien ne ferait-il pas pareil? Jason Kenney envisage également la tenue d’un référendum sur la péréquation si aucun projet d’oléoduc ne voit le jour d’ici deux ans. Quand bien même 99% des Albertains répondraient Oui à la question suivante: «Voulez-vous abolir la péréquation?», il faut l’assentiment d’au moins sept provinces représentant au moins 50% de la population canadienne pour modifier la Constitution. Or, cinq provinces bénéficient de ce mécanisme de redistribution actuellement. Je serais donc surpris qu’elles veuillent y mettre fin.

Non, ce qui ferait mal au gouvernement fédéral (mais plaisir à bien des Québécois), c’est que l’Alberta fasse un référendum pour sortir du Canada. Malheureusement, les Albertains l’aiment trop pour cela. Voilà pourquoi Kenney ne fait peur à personne et qu’il fait sourire le premier ministre québécois, François Legault.

Sylvio Le Blanc

Montréal

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À PROPOS D'UN FEU INTENSE

Les églises sont des grands lieux de silence, asiles tranquilles dans l’agitation de la vie active. Une cathédrale témoigne en plus de la pérennité dans la vie qui passe. Notre-Dame de Paris est assaillie et résiste dans son histoire millénaire, vieille dame à qui on fait toujours la cour et qui nous parle de résistance.

Voilà que ce triste incendie nous fait craindre pour les églises québécoises. Du moins pour celles qui restent après les démolitions, les ventes et les abandons. Imaginez donc que l’église patrimoniale du Québec, signée par Louis-Ferdinand Peatchy en pleine ville de l’Unesco, celle où l’on célébrait naguère la Saint-Jean-Baptiste devenue Fête nationale, imaginez que cette église est fermée. Elle, et d’autres tout aussi remarquables, faites du génie de nos artistes: Saint-Charles de Limoilou et son dernier cloître à Québec, Saint-François-d’Assise. Sauvegarder ces maisons de silence et de sérénité relève aussi de la protection de l’environnement. C’est le droit d’asile contre le bruit urbain, l’esprit de clocher qui peut sauver des villages. C’est une part de nous, devenus laïques, et néanmoins attachés à l’enracinement.

André Gaulin

Québec