Je suis infirmière auxiliaire

Cher premier ministre, j’adore mon travail. Je connaissais les conditions au début donc je fais contre bonne fortune bon cœur. Je fais des jours, des soirs,des nuits, des supplémentaires obligés et volontaires, et des nuits de quatre heures de sommeil!

Je sacrifie mon Noël, mon Jour de l’An, Pâques, la Saint-Jean, la fête de mes enfants, mon propre anniversaire, et j’en passe. Tylenol, naproxen, glace, antiflogistine, physiothérapie et plusieurs larmes font partie de mon quotidien pour pouvoir en donner plus et prendre soin de mes patients. Je donne des soins, de l'empathie, de la douceur, de la patience, une oreille, une épaule et des bras à mes patients! Je paye un permis chaque année je fais plusieurs formations pour le bien de mes patients! 

J’ai manqué un million de petites choses pour eux, j’ai levé la mains bien haute pour aller aider au moment ou les besoins étaient criants en pandémie — par cœur, par professionnalisme et encore par empathie! Pour récompense, je prends le sourire des gens, le sentiment du devoir accompli et, oui, un salaire aussi, même s’il est très similaire au salaire du gérant de quart chez McDo. 

Pour compensation je pense mériter quatre jours par mois. Quatre petits jours pour prendre soins de ma famille. S’il vous plaît, ne me les enlevez pas! Ce sont ces quatre jours-là qui m’empêchent de tomber! Suis-je trop gourmande? Est-ce que j'en demande trop? Monsieur le premier ministre qu'en pensez-vous? Je suis infirmière auxiliaire et fière de l'être, mais je suis aussi une maman, une marraine, une tante, une fille, une sœur, une amoureuse, une amie...

Julie McNicoll