«Je me souviens»... de rien

Suivre le débat sur le crucifix, objet de culte soudainement devenu objet patrimonial, m'a bien fait rire... jaune. Il est bien évident que pareil débat n'aurait jamais eu lieu avant ceux des 10 dernières années sur les accommodements raisonnables.
Mais voilà, dans toute cette histoire, on a oublié qu'on avait à Québec débaptisé tout un hôpital, rien de moins; il s'appelait Saint-Michel-Archange (mon saint patron en plus!) pour lui donner le nom très patrimonial de Robert-Giffard (premier médecin de la colonie) pour encore plus tard le débaptiser en Institut de santé mentale. Comme par hasard, on débaptisa aussi un certain hôpital à Montréal, du nom de Saint-Jean-de-Dieu, sans que, de mémoire, les tollés patrimoniaux affolés s'élèvent et les pétitions rageuses se signent. Autre époque où on était encore entre nous. Ou peut-être simplement parce que la société québécoise d'alors voulait camoufler son malaise à la suite de la publication de Les fous crient au secours.
Mais maintenant, tout a changé. On dirait qu'on veut affirmer ses racines par rapport à l'autre, même si on se fout du crucifix comme de sa dernière chemise.
Bizarre tout de même...
Michel R. Leclerc, Québec
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Trump, tel Narcisse...
Le récit de la mythologie grecque raconte que Narcisse, découvrant la futilité de sa passion pour sa personne, en arriva à poser le geste irréparable. Désespéré par le fait que le reflet de son image disparaissait avec l'arrivée d'ondes troubles dans l'eau de l'étang où il avait l'habitude de contempler son amour pour lui-même, il se laissa entraîner vers le fond. 
On pourrait extrapoler sur ce mythe et imaginer que Donald Trump, grisé par le reflet de son passé médiatique, se serait engagé dans un expédition de chasse politique avant tout pour assouvir cette passion maladive attachée à son ego, sans jamais penser qu'un concours de circonstances imprévisible et inattendu allait lui ouvrir les portes de la Maison-Blanche. Les dérives verbales, les détournements des faits et ses réactions face aux sérieuses accusations révélées ces derniers jours seraient finalement l'expression inconsciente d'un comportement suicidaire (sorte d'appel de la destitution qui s'inscrirait dans cette logique narcissiste). On verra dans quelques mois qu'il ne pourra plus tolérer les obligations attachées à sa fonction et qu'il posera le geste fatal qui mettra fin à cet épisode de sa vie politique.
Claude Poulin, Québec