Je me souviendrai de Paul

C'était le 10 ou le 17 février, je crois, en 1991. Après être descendu des planches du Théâtre de la Cité Universitaire, sur lesquelles venait de se tenir la dernière représentation de Don Quichotte de Jean-Pierre Ronfard, nous, comédiens de la Troupe de Théâtre Les Treize de l'Université Laval, avions pris contact avec le public. Je me souviens de Jean-Nicolas Verreault, de Jean-Hugues Francoeur et de toute cette bande de joyeux drilles que nous étions, sous la direction de Gil Champagne.
Parmi les spectateurs se trouvait Paul Hébert (ce jour-là, j'ai même donné la réplique à... Paul-Patrick Hébert!). Il a serré la pince à tous les acteurs, dont Jean-Nicolas qui venait de camper le rôle qu'il avait défendu au Trident, en 1984. M. Hébert agissait à titre de parrain de la production. Puis, ses yeux d'acier ont fixé les miens et il s'est approché de moi pour me donner la main et me dire: «Bravo, mon cher jeune homme! Je ne vous oublierai jamais!». 
N'eut été de ce tête-à-tête (bref, mais marquant!), je n'aurais probablement pas persisté dans mon cheminement d'acteur et d'auteur. Et en apprenant le décès de Paul, j'ai versé une larme en repensant à cette rencontre... et à toute sa carrière d'interprète, ainsi qu'aux notions qu'il avait apprises au Old Vic Theatre de Londres («Always relax, never pretend and don't overdo it!», ou en français «Toujours se détendre, ne jamais faire semblant et ne pas en faire trop!»).
J'en profite donc pour adresser mes plus sincères condoléances à ses proches (famille et collègues) et pour exprimer ma tristesse profonde, à la nouvelle du décès de Paul Hébert. Enfin, j'aimerais dire à mon tour: «Bravo, mon cher Monsieur Hébert, je ne vous oublierai jamais... et je ne serai sans doute pas le seul!».
Luc J. Vigneault, Québec