Interprétation biaisée

Madame David, comme vous interprétez de manière biaisée les propos de monsieur Jean-François Lisée! Vous prétendez qu'il aurait dit : «Surtout oubliez qu'on est souverainistes, faites semblant qu'on ne l'est pas, là, pour vous rassurer».
Moi, au contraire, je crois que le sens de ses paroles était qu'il faut d'abord préparer la souveraineté avant de la proposer. Autrement, le fait de parler de référendum ne pourrait que nuire à la cause de la souveraineté parce que les libéraux se servent uniquement du mot «référendum» pour diaboliser de façon globale les discussions de fond sur la souveraineté. Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux n'ont eu qu'à peser sur le piton «référendum» pour se faire élire. La proposition de monsieur Lisée vise justement à éviter cet écueil en donnant du contenu à ce concept pour le dédiaboliser avant de le proposer à nouveau aux Québécois. Les voies à suivre sont déjà là, dans ces quelques mots qu'il a déjà prononcés. Encore faut-il vouloir les entendre.
De grâce, Madame David, ayez assez de classe pour reconnaître le discours de monsieur Lisée pour ce qu'il est au lieu de vous aveugler sur une fausse interprétation de ses propos. Vous me décevez grandement. Je vous croyais ouverte aux débats. Devrais-je me raviser?
Gisèle Filion, Montréal
Copinage municipal
En réaction à l'éditorial «Moins de paperasse, plus de services?» paru le 14 mai. 
Ce texte comporte des vérités que les élus municipaux et gouvernementaux devraient méditer. Rappelant les témoignages troublants entendus à la commission Charbonneau, madame Breton écrit : «Certains estimeront qu'il est justifié que plusieurs ministères maintiennent un contrôle serré sur les activités des municipalités». 
Les municipalités sont les créatures de l'État. À ce titre, ce dernier a la responsabilité de voir à ce que l'intérêt des citoyens soit sauvegardé. On a plutôt l'impression qu'il s'est établi un certain copinage entre les deux institutions, à l'image de ce que nous avons vu lors des ententes sur les régimes de retraite, qui empêche l'État de rappeler à l'ordre les municipalités qui abusent de leurs privilèges. L'exemple de celles qui enfreignent la Loi sur les cités et villes en se donnant un régime de liquidités abondantes, dépassant la limite légale, est typique du laxisme qui existe présentement. Tolérer ces déviances est une injustice absolue.
Jean-Marie Desgagné, Québec