Il faudra voir quels sont le rôle exact et la marge de manoeuvre réelle que le ministère de l'Éducation voudra laisser à chacun des acteurs dans son projet de décentralisation.

Inconscience funeste

Les coupes draconiennes du gouvernement Couillard dans toutes les sphères de la société sont décriées avec raison par la population.
L'éducation, pilier de base d'un peuple en plein essor, est outrageusement touchée. Je suis sidérée d'entendre le ministre François Blais déclarer sans ambages qu'il serait «déraisonnable» de réinvestir en éducation dans un difficile contexte budgétaire. Ce n'est pas une priorité de redresser l'école publique sabotée par trop d'années de laxisme et de graves lacunes principalement dans l'apprentissage du français. Et on continuera de décerner des diplômes au rabais aux jeunes alléchés par la perspective d'un salaire précoce à l'âge où le cerveau doit être stimulé et fertilisé par une formation adéquate, au grand dam des enseignants perturbés dans leur mission éducatrice par des classes surchargées et privés des outils nécessaires à leur tâche. Parents et enfants révulsés manifestent leur ras-le-bol.
Ce gouvernement scotché à la calculette en nous serinant sa rengaine économique voudrait nous rapetisser pour mieux nous soumettre aux impératifs marchands et à des intérêts privilégiés qu'il ne s'y prendrait pas autrement.
Les libéraux sont aux antipodes des nobles ambitions de Paul Gérin-Lajoie pour un Québec éduqué et font fi de la «substantifique moelle» chère à Rabelais.
Denise Rochette-Cossette, Québec