Ils sont fous ces Québécois!

Je crois que c'est ce que déduiraient les sympathiques et mondialement connus Astérix et Obélix s'ils venaient faire un tour au Québec pendant cette bien misérable campagne électorale. Ils observeraient que, malgré de belles qualités qui devraient leur procurer de la fierté et de la clairvoyance, trop de gens d'ici sont excessivement mêlés et... excessivement mêlants!
Quelques semaines ont suffi pour leur faire oublier les neuf années de pouvoir encrouté d'un certain parti qui a dorénavant les faveurs de la majorité. Une majorité circulant avec les mots nobles Je me souviens sur les plaques d'immatriculation d'un bleu en train de se décolorer.
Une majorité qui panique en entendant le mot référendum comme si c'était l'équivalent de la Peste noire du Moyen âge. Au Québec, elle est si incrustée, la Peur, qu'on a même peur de l'ombre de son ombre. Pourtant, si référendum il y avait, les opposants n'auraient tout simplement qu'à cocher NON et ainsi interrompre leurs insoutenables souffrances. Mais voilà un bail que le gros non sens a sombré tout au fond du Golfe Saint-Laurent.
Vous souvenez-vous du fameux bogue informatique de l'an 2000??? Ça devait être un Everest de catastrophes. Le premier janvier, on respirait et consommait encore. On l'a remplacé par le bogue du très terrifiant référendum.
Astérix et Obélix se mettraient à rire énormément de nos us et coutumes. Moi, pas du tout. J'en suis même rendu à penser qu'il existe ici une allergie telle au mot référendum que je suis persuadé que ça voterait un gros NON lors d'un référendum pour obtenir un Canada qui soit enfin un VRAI pays! Non figé comme le Canada l'est depuis 1867. Sans visage de la reine sur notre monnaie. Sans sénat. Un Canada qui ne nous ferait plus honte dans le monde en ce qui concerne la signature des accords sur l'Environnement. Qui se décentraliserait et accorderait plus de pouvoirs à chacune des provinces. On se contente plutôt de peu.
Le 7 avril prochain, je redoute que bien des électeurs, au lieu de s'être véritablement informés et d'avoir soupesé leur choix, vont tout bonnement aller cocher les fesses serrées avec la Bible des sondages sous le bras. L'art laid et immature de se rapetisser soi-même une autre fois.
Décidément, NON! Je ne recommande aucunement à ces chers Astérix et Obélix de venir perdre leur temps au Québec. Un Québec qui, à coups d'interminables divisions s'accentuant, risque bêtement un jour d'agoniser.
Serge Richard, Québec