Il est temps de réformer

Les enseignants résistent depuis longtemps devant ce projet de réforme, et ce, pour des raisons évidentes : soit le refus de devoir se donner des règles qui évidemment vont augmenter leur autonomie professionnelle, mais aussi les obliger à assumer ces lourdes responsabilités qui viennent avec! La majorité d'entre eux préfèrent ce statut actuel de fonctionnaires bien inscrit dans la tradition syndicale qui s'est imposée ici (dans les années 70) dans un contexte de lutte des classes.
Cette situation toxique a laissé les séquelles nocives qui ont grandement débilité le statut de la profession enseignante! Cette emprise syndicale a en effet favorisé la monopolisation étatique de notre système scolaire où le rôle de l'enseignant a été réduit à celui d'exécutant, de passeur de programme plutôt qu'à celui de passeur de culture. Il est donc urgent d'agir et le temps est venu de méditer sur cet état de fait et refonder le rôle de l'enseignant dans une perspective plus respectueuse de ses compétences et de sa liberté d'action. 
Claude Poulin, Québec
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Assimilation? Attention!
Aujourd'hui, plusieurs Québécois francophones croient à leur assimilation. Pourtant, après un quart de millénaire de présence anglophone, le nombre de franco-québécois assimilé est toujours à zéro... Même les vagues massives d'immigration anglophones, notamment irlandaises, n'ont pas assimilé un seul Québécois.
Partout en Occident, l'augmentation de l'immigration provenant d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie, etc., a diminué la proportion de citoyens ayant la langue de la majorité comme langue maternelle. Cependant, pas un seul cas d'assimilation d'un membre d'une majorité nationale dû à cette immigration n'a été recensé en Occident.
C'est logique. Si un bol contient 50 billes bleues et qu'on y ajoute 10 billes vertes, cela diminuera le poids démographique des billes bleues. Mais aucune d'entre elles ne disparaîtra. L'important, c'est de bien intégrer les billes vertes.
Et le dernier recensement nous apprend que le nombre et la proportion d'anglophones et d'allophones parlant français au Québec atteignent des niveaux record.
Si l'intégration de ces immigrants représente un défi majeur, et pas uniquement linguistique, cette réalité n'a rien à voir avec l'assimilation. Ce sont deux concepts distincts constamment amalgamés dans nos médias.
Alors, discutons rationnellement de moyens de faire progresser le français, notamment à Montréal, et cessons d'avoir peur de phénomènes inexistants.
Robert Tremblay, Québec