Hommages mérités pour M. Gérin-Lajoie

M. Gérin-Lajoie a fait de grandes choses en éducation et dans bien d’autres domaines, valorisant ainsi le Québec. Il mérite bien les hommages exceptionnels que le Québec lui rend actuellement.

Néanmoins, le fondateur du Ministère de l’Éducation faisait un oubli, spectaculaire, chaque fois qu’il brossait l’historique de ce ministère, dont on lui accordait unanimement la paternité. Il omettait de mentionner qu’il n’aurait jamais réussi une opération d’une si grande envergure et en si peu de temps, sans l’apport tout à fait exceptionnel de l’Église. Celle-ci lui a transféré, généreusement et sans résistance, nombre d’institutions complètes, modernes et fort bien structurées: collèges, écoles normales, écoles d’infirmières, etc. Il lui «tombait du ciel», pour ainsi dire, et intégralement, du personnel compétent et expérimenté et des édifices en bon état. Dans plusieurs cas, il n’a eu qu’à faire inscrire sur la façade des édifices cédés: «Ministère de l’Éducation».

Ces institutions de qualité, avaient été bâties, au fil des années, des décennies même, fidèlement et opiniâtrement contre vents et marées, par des religieux-es, prêtres, travaillant à petit salaire... M. Gérin-Lajoie et certains de ses admirateurs donnaient, invariablement, l’impression qu’il les avait tirées de l’anonymat, de la médiocrité, voire même de la «Grande Noirceur»... Ces bâtisseurs fidèles et leurs successeurs auraient eu droit, pourtant, en toute justice, de la part de l’état, à beaucoup plus d’égards sinon de reconnaissance.

Comme quoi, les «grands hommes» n’ont pas de «petits défauts»: tout est à leur mesure...

Réal Nadeau

Saint-Victor