Grève des avocats

Les notaires et avocats du gouvernement du Québec réclament que leurs salaires et conditions de travail soient ultimement déterminés par arbitrage. Ils voient les résultats du régime d'arbitrage dans le secteur municipal et ils ont raison d'espérer que ce système leur soit tout autant favorable.
Car la détermination des conditions de rémunération est un processus complexe dans lequel l'équité interne et externe ne constituent qu'un aspect de la problématique. D'autres éléments sont déterminants: la loi de l'offre et de la demande, le coût de l'acceptation ou du refus de certaines demandes (grève), la capacité de payer de l'employeur. C'est ce qui explique, par exemple, que l'on retrouve des salaires beaucoup plus élevés dans les grandes entreprises florissantes que dans les PME, surtout celles qui oeuvrent dans les secteurs plus difficiles.
Or, quelle est la capacité de payer de l'État? En principe illimitée car l'État ne peut faire faillite. En pratique, les partis politiques ont chacun leur opinion sur le niveau de taxation acceptable. Il n'existe pas de règles claires et précises permettant de trancher la question. On ne doit pas donner la clef des coffres de l'État à des arbitres, si compétents soit-ils. Les chefs d'entreprise n'acceptent pas de remettre l'avenir de leurs entreprises entre les mains d'arbitres. Tout comme eux, nos élus doivent prendre leurs responsabilités; ils ne doivent pas les confier à d'autres, ni acheter la paix, ce qui est toujours tentant en relations de travail.
Serge Parent, Québec