Gilbert Lavoie quitte son métier avec honneur!

Le journaliste, chroniqueur et ex-rédacteur en chef Gilbert Lavoie, qui œuvrait au Soleil, quitte ses fonctions et laissera un grand vide. Ce fin observateur de notre monde politique prend donc sa retraite, quoique ce mot doit sans aucun doute sonner faux à ses oreilles. Je suis presque certain qu’il continuera à tout le moins d’écrire sous d’autres formes, mais il ne rangera sûrement pas sa plume de sitôt. J’aimais bien le lire en tous cas dans les pages du Soleil.

Avec lui on allait droit au but, sans grands jeux de mots inutiles et son propos était toujours empreint de clarté et le ton était souvent personnel, ce qui avait pour effet de nous faire sentir près de lui. On le suivait mot à mot et parfois il nous touchait. Son texte adressé à ses lecteurs le 25 octobre dernier dans Le Soleil en était d’ailleurs un bel exemple et était chargé d’émotions.

Et dans ce texte intitulé «Trente fois merci», il n’a pas manqué de soulever la crise que traverse en ce moment les médias au Québec et c’est tout à son honneur. On sent que la situation le touche de près et qu’en quittant son métier de journaliste, il a le souci de penser aux autres, à ses collègues qui poursuivront la route avec incertitude et crainte de voir leur métier être remis en question. En voici un extrait, pour ceux qui ne l’auraient pas lu: «... on n’a pas le droit de laisser les forces du marché tuer à petit feu une profession aussi essentielle pour la survie de nos institutions et de nos libertés collectives.»

Et dans son dernier texte, «Plaidoyer pour la liberté», publié samedi le 27 octobre, toujours dans Le Soleil, il en rajoute. Je vous propose d’ailleurs un passage qui fait office de cri du cœur et qu’il nous offre comme un legs personnel, avec toute la fougue qu’on lui connaît: «Une société libre, c’est une société bien informée. C’est encore plus important dans un monde où la désinformation fausse la vérité sur des enjeux aussi importants que les changements climatiques. Il faut davantage de journalistes sur le terrain dans un tel contexte, pas moins!»

Alors, comment ne pas se désoler du départ de Gilbert Lavoie de ce noble métier qui était le sien et qui lui allait à merveille? Métier à qui il a fait grand honneur.

Yvan Giguère, Saguenay