Gestev à Lausanne

Peu importe le contexte dans lequel le grand patron de Gestev-Québecor, Patrice Drouin, s'est rendu en Suisse en compagnie du maire de Québec, Régis Labeaume, pour une rencontre «exploratoire» avec les dirigeants du CIO sur une éventuelle candidature de Québec aux Jeux olympiques de 2026, je suis d'avis qu'une telle délégation est prématurée et souffre d'un manque de diplomatie de la part du maire de Québec face aux concurrents de Gestev.
En effet, comment Patrice Drouin peut-il justifier que c'est « à des fins personnelles » qu'il a accompagné le maire Labeaume à Lausanne, dans le cadre d'une rencontre « officielle » avec les membres du CIO et des fédérations sportives ? À ce sujet, je ne peux que me rallier au commentaire d'un spécialiste en enjeux éthiques de l'Université Laval, M. Patrick Turmel, à savoir qu'« il est assez inquiétant que la Ville soit accompagnée dès le départ, au moment où elle entreprend sa réflexion, par un acteur qui a tout à gagner ». La Ville allègue que M. Drouin s'est rendu à ses frais en Suisse et n'a aucun contrat avec la ville pour du démarchage olympique. Un argumentaire plutôt faible à mes yeux.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que Gestev part avec une longueur d'avance sur ses concurrents, une situation plutôt gênante créée par un manque de jugement patent de la part de Régis Labeaume... Pour ce qui est de la saine concurrence, on repassera.
Henri Marineau, Québec