La semaine dernière, le ministre Yves Bolduc avait plutôt défendu la prime qu'il avait lui-même mis en place alors qu'il était ministre de la Santé, en 2010.

Geste légal mais abusif

Monsieur Bolduc,
Monsieur Bolduc,
Je suis un électeur de votre circonscription de Jean-Talon et je me sens floué. Comme simple député pendant 18 mois, vous avez choisi de profiter de vos temps libres pour exercer votre profession de médecin. Rien de répréhensible dans ce geste profitable à la société même si le double emploi me laisse perplexe.
Vous n'êtes pas le premier à occuper un autre emploi comme député et je peux comprendre qu'après avoir été dans le tourbillon ministériel, le rôle de simple député, de porte-parole de l'opposition officielle en santé et de membre de la commission de la santé et des services sociaux vous ait laissé quelques heures de temps libre la fin de semaine et que vous ayez voulu utiliser ce temps à servir une clientèle qui le demandait.
Cependant, votre manque de discernement me laisse pantois. Vous avez utilisé indûment les avantages d'une loi que vous avez vous-même parrainée. Comme médecin à temps partiel, en acceptant de recevoir une prime pour 1500 patients alors que la plupart des médecins à temps plein arrivent difficilement à servir 1000 patients, vous avez démontré un manque de jugement et bénéficié sciemment de sommes injustifiables dans les circonstances.
Votre gouvernement a été élu avec la promesse de l'intégrité dans les faits et dans l'apparence. Monsieur Bolduc, malheureusement pour vous, vous avez échoué et je vous demande d'assumer les conséquences de vos actes. Un remboursement ne changera pas la réalité. Vous accrocher à votre poste de ministre serait préjudiciable à la volonté exprimée par le premier ministre d'être exigeant et de prôner la tolérance zéro.
Je vous invite donc à retourner à la médecine et ainsi permettre à votre gouvernement de démontrer sans ambiguïté que ce qu'il a promis n'est pas que des mots pour faire plaisir au peuple. Par la même occasion ce geste ne fera que renforcer la crédibilité du gouvernement dans les choix difficiles qui seront demandées aux citoyens.
Je vous souhaite le courage et l'humilité nécessaire aux grandes décisions.
Réal Parent, Québec