Gaspillages technologiques

Lorsque j'étais étudiant, dans les années 70, on avait équipé toutes les salles de classe des cégeps et des universités de douzaines de téléviseurs au plafond. L'avenir était aux cours par vidéo. Ils n'ont jamais servi et ont accumulé la poussière jusqu'à ce qu'ils deviennent obsolètes et qu'on les démantèle. Les cours par vidéo, c'était trop compliqué à produire et à mettre à jour par les professeurs qui devaient rester sur place de toute manière. Ils étaient en outre de réels soporifiques pour les étudiants.
Plus récemment, on a eu la bonne idée d'équiper les salles de classe de tableaux interactifs. Nouveau flop : les professeurs ne s'en servent que comme projecteurs parce que c'est trop compliqué à utiliser. De simples projecteurs auraient coûté une fraction du prix.
Cette fois, la dernière bonne idée de notre gouvernement-nounou est pour tous. On veut équiper de force toutes les maisons neuves d'une prise électrique extérieure 240 volts pour brancher la voiture électrique que nous n'avons pas encore. Tout ça dans un contexte où on ignore encore si les voitures électriques de l'avenir ne finiront pas par utiliser des piles à combustible et de l'hydrogène parce que les piles rechargeables seraient trop lourdes ou trop coûteuses à produire et à recycler en fin de vie.
C'est quoi notre problème, au Québec? C'est quoi cette manie qu'ils ont de nous inventer des solutions à des problèmes hypothétiques? N'y a-t-il pas assez de problèmes qui se conjuguent au présent pour occuper nos décideurs?
André Verville, Lévis