À la fois ému et indigné, le pape François a célébré Noël avec son traditionnel message «urbi et orbi», adressé à 1,2 milliard de catholiques depuis le balcon du Vatican qui surplombe la place Saint-Pierre.

François dans la tourmente

Pendant que les chrétiens d'Orient célébraient la fête de la naissance du Christ dans la violence, le pape François, dans une longue lettre qu'il leur adressait, les exhortait à la «persévérance» et au dialogue inter-religieux en dépit des difficultés.
Toutefois, au-delà de cette «belle espérance», François a attaqué de plein fouet le groupe État islamique en exprimant sa vive inquiétude devant une «organisation terroriste, d'une dimension autrefois inimaginable, qui commet toutes sortes d'abus [et qui] frappe de manière particulière certains d'entre vous, chassés de façon brutale de leurs propres terres, où les chrétiens sont présents depuis les temps apostoliques».
Mince consolation, dans une conversation téléphonique avec des réfugiés irakiens, le pape leur rappelle qu'il est à leur côté dans son coeur et que Dieu leur donne «les caresses de sa tendresse». Un appel à une foi incommensurable, voire idéaliste, pour ceux qui baignent dans la violence inhumaine depuis des décennies.
Une foi qui aurait bien besoin de gestes concrets pour être manifeste mais qui demeure sans résultat. Une situation intenable pour tous ces chrétiens d'Orient qui demeurent suspendus au message de François, isolé dans la tourmente, telle la voix dans le désert.
Henri Marineau
Québec