Le déficit de liquidité est la pire situation pour un investisseur en capital de risque.

Fondaction, première victime

Fondaction a déjà annoncé la fin des cotisations forfaitaires pour la saison en cours. C'est la fin du privilège accordé à ce fonds de travailleurs de procurer 10% de plus en crédit d'impôt que le Fonds de solidarité, donc 40% en tout. Cela arrive en même temps que la baisse de 5% par année du crédit fédéral. Quand on pense que l'impôt maximal est à 50%, un tel contribuable qui mettait du Fondaction dans ses REER n'avait plus que 10% à débourser. Le 15 % de moins signifie qu'il paiera ses nouvelles actions deux fois et demie le coût antérieur et encore plus après 2015.
Et comment Fondaction, dont le bénéfice sur 10 ans est négatif (incluant les résultats de janvier 2015), pourra-t-il concurrencer le Fonds de solidarité qui produit régulièrement de bons bénéfices? Fondaction sera la première victime du retrait fédéral des fonds de travailleurs, car son capital va diminuer de façon rapide. Peu de nouvelles ventes d'actions, mais des retraits nombreux par tous ceux qui le pourront.
Le déficit de liquidité est la pire situation pour un investisseur en capital de risque. On n'injecte plus d'argent pour relancer les entreprises en difficulté ou au rendement faible. On tire la plogue. On encaisse les pertes selon une expression consacrée chez les investisseurs. Comment faire du bénéfice en temps difficile quand on n'en faisait même pas quand tout allait bien?
Le système des fonds de travailleurs a été conçu pour bien fonctionner en situation de croissance du fonds impliquant des injections massives de fonds publics. Ça fait de belles histoires de sauvegarde ou de créations d'emploi. Voyons maintenant ce que la décroissance va donner comme effet.
Jeannot Vachon 
Québec