Flora MacDonald en 2000

Flora MacDonald et l'ingratitude politique

Je n'ai jamais été conservateur. Mais je sais reconnaître, chez eux comme ailleurs, les hommes et les femmes d'exception qui sont d'abord en politique pour servir leur pays et leurs concitoyens. Flora MacDonald, première Canadienne (et l'une des premières femmes au monde) à occuper le poste de ministre des Affaires étrangères, était indiscutablement l'une d'entre eux. Pour cela, et pour les importants services qu'elle a rendus à l'aide humanitaire internationale depuis son retrait de la vie politique en 1988, madame MacDonald méritait les plus grands hommages de nos responsables politiques actuels.
Ses funérailles ont eu lieu dimanche après-midi à Ottawa. Le premier ministre Stephen Harper, pourtant chef de la même famille politique et qui était à Ottawa pour déclencher des élections fédérales hâtives, n'a pas jugé bon d'être présent. Le chef du Parti libéral non plus, pas plus que la plus grande partie de la «classe politique», malheureusement. Le véritable service public est souvent ingrat. Deux chefs politiques ont manifesté dimanche un vrai sens des priorités : Élizabeth May et Thomas Mulcair. Ce dernier en assistant en personne aux funérailles, et la chef du Parti vert, parti aux moyens financiers très modestes, en regrettant de ne pouvoir participer aux funérailles (elle était à Vancouver) et en «dédiant ces élections à cette grande Canadienne». Merci à madame May et à monsieur Mulcair d'avoir sauvé l'honneur de nos politiciens.
Dominique Boisvert
Scotstown (Québec)