Fidel Castro: le corps droit, les oreilles molles

Quand j'étais jeune au primaire et au secondaire, c'était presque un leitmotiv chez nos instituteurs et institutrices. Le corps droit pour démontrer notre volonté à obéir au doigt et à l'oeil, les oreilles molles en signe de soumission. C'était pour notre bien et celui de la communauté scolaire, c'est certain.
Fidel Castro avait compris le principe. Il a pris les grands moyens pour mettre son pays au pas et faire cesser chez lui la corruption et l'anarchie dont sont presque toutes victimes les fameuses « républiques de bananes », comme on appelait les pays dans son genre, « victimes de leur propre turpitude » mais aussi fraudées et dévalisées par leurs faux amis des pays voisins.
L'histoire fera le bilan des entorses à la liberté, des emprisonnements et autre dérives autoritaires qui auront été le fort coût à payer. Elle notera au passage que Fidel Castro aura su éduquer son peuple et lui fournir au minimum un niveau de vie décent. Elle établira peut-être des comparaisons entre Cuba et Haïti et se demandera peut-être ce qu'il serait advenu si Haïti avait été elle aussi dirigée par une autorité politico-militaire du même genre.
J'imagine que Castro s'est dit qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs. Il restera peut-être dans l'histoire le seul et unique exemple du « bon dictateur », le seul qui a démontré qu'on pouvait envisager d'assembler ces mots ensemble dans la même phrase.
André Verville, Lévis