Félix et le goût du français

Dans tous les commentaires lus sur Félix, qui nous a quittés il y a 30 ans, on peut facilement noter son amour pour notre langue et sa magie avec les mots, mais Félix serait sûrement triste d’entendre parler aujourd’hui les jeunes artistes de chez nous (chanteurs et comédiens) qui ne semblent pas être capables d’utiliser la langue qui les fait vivre sans avoir recours à des mots anglais comme ces mots entendus lors des derniers jours dans des émissions de télévision ou de radio (backstage, live, vibe, life changer, dark side, bucket list, être miké, soundman, fan based, data, that’s it, lead role, kick etc)

Est-ce pour se démarquer de leurs aînés que ces mots en anglais leur viennent alors que des mots en français existent? Est-ce pour être soi-disant à la mode? Est-ce pour montrer, à nous le peuple, qu’ils sont plus intelligents en utilisant des termes anglais ou sont-ils, malgré eux et à leur insu, victimes d’une contamination linguistique? Je me demande même si certains ne sont pas gênés d’utiliser les termes en français de peur d’être exclus de leur groupe.

On ne peut plus écouter ou regarder une émission sans que les invités n’utilisent de façon systématique des mots anglais. Nous n’avons qu’à penser à la fable de Jean de La Fontaine Les animaux malades de la peste où on peut lire les mots suivants: «Ils ne mourraient pas tous, mais tous en étaient frappés.»

Est-ce qu’il y a des artistes qui ont encore le goût de travailler en français?

Pierre Lincourt, Saguenay