Faire la paix avec le débat public

La question de Catherine Dorion était (je paraphrase): «Pourquoi subventionner l’opinion, alors que c’est un secteur de l’information qui n’est pas en péril (qui est bien financé) et qu’on pourrait donner l’enveloppe complète au journalisme (qui est en péril)?» Je crois que, non, la ministre Nathalie Roy n’a pas répondu à la question.

Elle a répondu à d’autres questions, mais pas à celle-là. Bien sûr, l’opinion fait partie d’une information de qualité. Bien sûr, la liberté d’expression permet l’opinion. Bien sûr, c’est une bonne chose que des gens soient payés pour produire de l’opinion. Ça n’était pas la question.

Si vous considérez que la ministre a répondu, je suis en désaccord, mais vous avez le droit de le penser… et Catherine Dorion a le droit de penser l’inverse. Et même si vous considérez que c’est une réponse, ne trouvez-vous pas que Catherine Dorion a raison de dénoncer la perte de temps, quand on a droit à deux minutes de réponse sur 120 minutes d’interpellation? Ce temps aurait pu servir un débat riche. En cette année 2019, autant par le fond que par la forme, Catherine Dorion a ramené l’essence d’un des rôles oubliés des députés: intéresser les citoyens au débat public. C’est un défi collectif que je nous lance, acceptons les débats en 2020 et prenons-y goût.

Dominique Sacy

Québec

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DÉJÀ, AU XIXe SIÈCLE

J’ai lu dans une biographie sur Émile Zola ce qui suit: «Zola est déjà au travail sur un autre roman du cycle des Rougon-Macquart: Au Bonheur des Dames. Il y évoque la guerre sans merci que se livrent le petit commerce de détail et un grand magasin moderne, superbe, tentaculaire, qui s’étale, rafle la clientèle, dévore les immeubles proches et supprime, une à une, les boutiques traditionnelles du quartier.»

Le livre du grand écrivain français a été publié en 1883. Ce n’est donc pas d’hier que nous nous plaignons, mais aujourd’hui, avec les centres commerciaux éléphantesques, cela dépasse la mesure.

Sylvio Le Blanc

Montréal