Facebook musèlera-t-il l’ironie?

Échaudée par sa mésaventure avec Cambridge Analytica, étourdie par le flot ininterrompu de mensonges présidentiels américains, Facebook part à la chasse des fausses nouvelles et se diversifie dans la vérification de faits.

Qu’adviendra-t-il des publications ironiques, cyniques et parodiques? Comment Facebook triera-t-il le bon grain de l’ivraie?

Les 120 membres du groupe d’ironie Facebook Herbe à poux Montréal qui se défoulent de l’inaction de la Ville de Montréal et de ses arrondissements depuis l’abrogation du règlement sur «notre herbe chérie» il y a plus de 20 ans en publiant des commentaires grinçants, photos à l’appui, se verront-ils muselés parce qu’il serait inadmissible, selon les bien-pensants du géant des réseaux sociaux, de mettre sur un piédestal une plante qui cause 75 % des allergies saisonnières et dont les conséquences sur le système de santé coûtent des centaines de millions de dollars chaque année à l’ensemble des Québécois, allergiques ou non?!

Plutôt que de complètement baisser les bras, les adeptes de ce groupe se moquent des infestations dans tous les coins du territoire de la Ville de Montréal. Mieux vaut en rire qu’en pleurer, pense-t-on! Et la moquerie fait aussi oeuvre de sensibilisation auprès des Montréalais dans ce dossier qui traîne depuis des décennies.

Si Facebook veut éradiquer quelque chose, qu’elle nous envoie Zuckerberg. On lui fera arracher de l’herbe à poux de Montréal! C’est pas ça qui manque!

Line Bonneau, Montréal