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Examens et réseaux sociaux: le difficile apprentissage

La saga du «coulage» de l'examen ministériel d'histoire nationale a échaudé le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur (MEES) l'année dernière.
On n'a jamais su finalement si un enseignant a eu un accès privilégié au contenu de l'examen, contenu dont une partie aurait été éventée par la suite sur les médias sociaux. Mais peu importe, le ministère a décidé de resserrer la sécurité entourant les examens de fin d'année, comme nous l'apprenait Le Soleil hier.
Ainsi, afin d'éviter que pareille situation ne se reproduise, le MEES a cru bon mentionner dans ses directives entourant les examens de fin d'année la précision suivante:
«Rappel aux élèves et au personnel concernant les réseaux sociaux: Rappeler aux enseignants et aux élèves qu'il est formellement interdit de partager de l'information relative aux épreuves sur les réseaux sociaux ou ailleurs.»
Il y a une semaine avait lieu l'examen ministériel de cinquième secondaire en français écriture. À la lecture de la directive ci-haut, doit-on comprendre que les élèves ne pouvaient pas parler de l'examen sur Facebook? Si c'est le cas, seront-ils accusés de tricherie? Un enseignant qui met en ligne le contenu de ses cours, dont ceux sur ce type d'examen, a-t-il contrevenu à cette directive? Par ailleurs, le MEES a-t-il organisé une veille médiatique sur les réseaux sociaux à cet effet?
Enfin, n'est-il paradoxal d'interdire aux élèves d'échanger à propos d'un examen sur les médias sociaux ou ailleurs (un terme vague à souhait) alors qu'on tente justement de les inciter à utiliser davantage les technologies d'information et de communication dans leur parcours scolaire?
Luc Papineau, L'Assomption