Et si on cessait de tergiverser?

La venue d’un nouveau gouvernement caquiste au Québec n’est pas banale. On se plaît à dire que la population a voté pour le changement. Mais de quel changement voulait-on au juste?

Depuis des décennies, les problèmes qui font la manchette au Québec restent «collés» : laïcité de l’État, santé, éducation. À chaque changement de gouvernement, les québécois vivent le jour de la marmotte sur ces grands thèmes. On peut donc comprendre l’exaspération qui a finalement provoqué le tsunami caquiste/solidaire et envoyé les «vieux partis» sur le banc de punitions.

En politique, le consensus n’existe pas. Toute décision  gouvernementale fait nécessairement face à de l’opposition et c’est le rôle des médias d’en faire état afin de s’assurer qu’à défaut ce consensus, les lois votées par notre Assemblée nationale le soient en pleine connaissance de leurs avantages aussi bien que de leurs inconvénients. Mais il ne faut pas se méprendre, une opposition bien organisée et tapageuse ne signifie pas nécessairement qu’on n’a pas la fameuse «acceptation sociale» de nos politiques. Un gouvernement a le devoir de trancher et de passer à autre chose, pas de gratter ses vieux bobos durant des années sans prendre action.

Ce que la population a dit le plus clairement à son gouvernement, c’est de cesser de tergiverser et de prendre les décisions qui s’imposent sur ces questions qui s’éternisent, afin qu’on passe aux problèmes suivants qui continuent, eux, de s’inscrire à notre agenda.

André Verville, Lévis