Et l'intérêt du public?

De ce temps ci, l'idée de fonder un ordre professionnel pour les professeurs revient à l'ordre du jour. L'idée mériterait d'être réalisée au plus tôt, puisqu'il s'agit de la tâche la plus importante de la société.
Mais un ordre professionnel a pour mandat de s'assurer que l'intérêt de la société est bien servi. Or, actuellement, les ordres professionnels sont gérés et contrôlés uniquement par des professionnels pratiquant la profession. Il devient impossible, alors, de séparer l'intérêt personnel des membres de l'intérêt de la société.
À preuve, les syndicats d'enseignants s'opposent farouchement à cette idée, car ils savent que les ordres professionnels ont tendance à protéger d'avantage l'intérêt de leurs membres plutôt que celui du public; ce qui leur ferait perdre beaucoup de leur pouvoir de négociation. Toujours du tiraillement axé sur l'intérêt son groupe au détriment de l'intérêt commun...
À titre d'exemple, où était l'Ordre des ingénieurs, qui est financé principalement par les firmes d'ingénieurs-conseils, quand il fallait protéger le public contre l'avidité de certaines firmes? Qu'a fait le Barreau face aux avocasseries du système de justice qui l'ont rendu inefficace au point de libérer des violeurs et des assassins? Tant que les ordres professionnels seront dirigés par les seuls membres de la profession concernée, l'intérêt des membres passera avant l'intérêt du public. C'est connu, c'est prouvé : l'auto contrôle ne fonctionne pas. 
Le seul moyen d'assurer l'intérêt public est que chacun des ordres professionnels soit dirigé et contrôlé par des administrateurs indépendants de la profession concernée (un peu comme un jury); la participation des professionnels concernés se limitant à l'aspect technique de la profession seulement. On peut penser à verser les cotisations via le vérificateur général qui assurera le respect des règles et verra à la bonne pratique de l'ordre.
Bernard Dupont, Québec