Et les clients, eux?

Qu'il est désolant de voir les médias parler de prostitution et de traite seulement lors du Grand Prix de F1... Montréal est une ville de prédilection pour les clients, 365 jours par année. À force de poser des questions du genre «est-ce qu'il y a vraiment une hausse pendant la F1», on passe à côté de la réalité de bien des femmes pour qui la prostitution n'est pas un choix, mais un manque d'autres choix.
Quand on fait des portraits des quelques travailleuses du sexe heureuses de leurs activités en fin de semaine, on nie le quotidien d'une majorité d'entre elles qui souffrent. Cette glamourisation d'une minorité confine au silence celles qui souhaitent en sortir, mais n'y arrivent pas, celles pour qui la prostitution a brisé la vie, l'intimité, la confiance et qui vivent dans la pauvreté et la stigmatisation. 
On fait grand bruit des femmes dans la prostitution en donnant la parole à celles qui sont en mesure de parler. Pour toutes les autres, réduites à l'anonymat par la peur ou le stress post-traumatique, ce doit être difficile d'entendre ces discours qui encensent un métier soi-disant comme les autres... 
Pendant ce Grand Prix, ceux dont on ne parle pas sont les clients, dont on ne remet jamais en question le privilège d'avoir accès aux corps des femmes. On remet en question la dénonciation par les femmes de l'industrie, on insiste sur la division des féministes à propos de la prostitution, mais on ne demande jamais aux clients : au nom de quoi réclamez-vous l'accès à du sexe tarifé?
Françoise Leduc-Celestin, Laval
***
Parcomètres et petit pain
Les petits commerçants doivent assumer des taxes importantes en plus de supporter, comme leurs clients, des parcomètres. J'ai perdu le cordonnier du coin et récemment, la couturière du quartier. Pourquoi ne pas donner une chance aux petits commerçants courageux en favorisant l'achalandage, au moyen de parcomètres offrant l'option brötchen comme à Berlin, par exemple, qui signifie «petit pain»? Ça équivaut à un débarcadère sans frais pour l'achat d'un petit pain. Les commerçants conservent ainsi la clientèle et tout le monde est gagnant, y compris la Ville qui conserve la fierté de se maintenir en vie.
André Louis La Ferrière, Québec