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Entre le 24 juin et le 1er juillet

Ces deux dates reflètent l'ambiguïté qui meuble l'imaginaire des Québécois. La fête nationale et celle de la Confédération évoquent deux perspectives conduisant le Québec vers deux finalités opposées.
Un divorce ne serait-il pas souhaitable pour les deux parties si notre attachement au Canada nous pousse, par insécurité ou par habitude, à nous contenter d'être dépendants des décisions des autres, dans un pays où une majorité l'emporte constamment sur une minorité qui voit son développement économique, social, culturel et environnemental souvent contrecarré par des décisions qui s'éloignent de nos intérêts légitimes?
D'autre part, le 24 juin ne confirme-t-il pas qu'il existe un socle commun identitaire et inclusif pour l'ensemble des Québécois et Québécoises? Regroupés autour d'une langue française vivante qui véhicule une culture où l'originalité et l'audace servent de fer de lance à son épanouissement dans le monde entier, notre «parlure» fait de nous un peuple unique en Amérique du Nord.
Ce dynamisme s'illustre également dans les domaines économique et social où la solidarité, le sens du bien commun et un souci écologique indéniable se maintiennent malgré la puissance des influences néolibérales qui polluent notre Terre et nos esprits. Tout cela ne devrait-il pas nous convaincre de franchir le dernier pas conduisant vers une autonomie pleine et entière?
Entre consentir à s'éteindre doucement dans le «confort et l'indifférence» de soi et des autres ou à vivre l'exaltation d'un rêve exigeant mais porteur d'avenir, je choisis de marcher debout et filer vers notre liberté.
Marcel Perron, Neuville