Enrichir le franglais

En réaction à la chronique «Ceci n’est pas un incident» de la journaliste Mylène Moisan parue le 30 avril

Mylène Moisan s’attarde sur les difficultés du premier ministre à choisir le bon mot en français. Elle a relevé l’expression «incident» utilisée pour désigner le fauchage d’une douzaine de personnes à Toronto. Un lecteur lui pardonnerait sa faiblesse. On n’a pas à lui jeter l’anathème «pour la simple raison que ça vient de l’anglais» . 

Quand dit «on n’est pas sorti du bois», «prendre pour acquis»,  «bon matin!» et «frapper» (action d’un véhicule), tous les mots sont français. Mais les expressions sont des traductions littérales de l’anglais ou des calques, lesquels concurrencent des tournures négligées (on n’est pas sorti de l’auberge, tenir pour acquis, heurter ou faucher des promeneurs).  Le français a déjà les mots pour le dire. Utiliser les calques, c’est angliciser le français furtivement. Ce faisant, on appauvrit le français et on enrichit le franglais.

Gaston Bernier, Québec