Écoles privées: un appel à la transparence

L’annonce de Québec solidaire concernant la fin du financement du réseau privé d’enseignement n’étonne pas vraiment compte tenu du positionnement de gauche de la formation sur l’échiquier politique. La «première promesse électorale» que s’engage à réaliser un gouvernement de QS, s’il est porté au pouvoir, a le mérite d’être claire. Ce qu’il faut souhaiter, c’est autant de transparence de la part des autres formations politiques.

Contrairement à ce que prétend QS, la position du Parti québécois est clairement énoncée à la section 5.1 de son programme : «Diminuer de façon significative et graduelle le financement public des écoles privées, dans un premier mandat, dans une optique de valorisation de l’école publique, et investir les sommes récupérées dans le système public d’éducation. […]» Elle n’apparaît sans doute pas assez radicale pour les solidaires mais elle n’en demeure pas moins limpide. À la guillotine, on préfère le supplice de la goutte d’eau, mais à terme, l’effet sera le même : la disparition pure et simple de plusieurs écoles privées.

Malgré quelques déclarations peu engageantes, aucun écrit n’apparaît explicite à ce sujet du côté des libéraux et des caquistes. On comprend la prudence qui guide leur réserve, par crainte de perdre des points dans les sondages, mais une telle attitude est irrespectueuse d’un électorat qui a le droit de connaître la position d’un futur gouvernement sur un enjeu aussi important de notre société. Le financement de l’enseignement privé est l’objet d’attaques régulières de la part des centrales syndicales ou d’organismes comme le Mouvement L’école ensemble qui, bien à tort, s’imaginent que l’amélioration du réseau public passe par l’abolition des subventions aux écoles privées. 

Si elles se targuent de faire de l’éducation une priorité, nos formations politiques ont une obligation de transparence en inscrivant explicitement dans leur programme, avant la prochaine élection, leur intention quant au maintien, ou non, du financement de ce qui constitue l’un des deux réseaux d’enseignement au Québec. 

Guy Bouchard, Québec