Du silence à la violence

Pour m'être abstenu d'exprimer ma «silencieuse détresse» et de briser ce mur derrière lequel je m'étais tapi, il y a eu tragédie humaine. 1989.
J'étais cette catégorie de mâles que rien n'affectait. Tristesse, colère réprimée, fuite «par en avant», usager du «paraître», pendant des années, je me suis fui à moi-même. À mes sentiments et leurs émotions, j'ai imposé «l'omertà».
Que dire à des hommes, à des êtres humains se disant incapables de...? Et si ça se limitait, au départ, à une seule et unique question? Celle-ci composée de quatre mots : «Comment je me sens?»
Je survis à cette tragédie dont j'ai été l'auteur. Ma survie, je la dois aussi à des professionnels de la trempe de ceux mentionnés par votre quasi-cahier journalistique. Professionnels à qui j'adresse ma vive et profonde reconnaissance.
Merci à monsieur Provencher et à vous, gens du Soleil, pour votre sensibilité à l'égard de la condition masculine.
Gaston Bourdages, écrivain, Saint-Mathieu-de-Rioux
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Les Bye Bye et la télé
Il y avait de bons sketchs dans le Bye Bye 2016 mais, comme pour les autres avant lui, il tournait trop souvent autour de la télévision, comme si le monde devait narcissiquement se ramener au petit écran. J'y vois même de la concurrence déloyale. En effet, pourquoi Radio-Canada profite-t-elle de cet attendu bien-cuit annuel pour descendre des émissions de chaînes concurrentes ou s'en prendre avec véhémence à des ennemis séculaires (comme Pierre Karl Péladeau)? Bien entendu, quand la chaîne publique s'arrête sur ses propres productions, le regard est, somme toute, sympathique.
Les Bye Bye coûtent cher aux Canadiens et devraient d'abord servir à passer en revue les événements marquants de la dernière année. Tout ce qui se rapporte à la télévision devrait se justifier (que vient faire France Beaudoin dans une revue de l'année?). Je recommande aux futurs scénaristes de revoir les classiques, et pas seulement ceux d'ici, mais aussi ceux d'ailleurs.
Sylvio Le Blanc, Montréal
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Trudeau, marchand de bonheur
Que mes enfants et toute la classe moyenne soient heureux pendant que je vous parle «de mon plan». Ne regardez pas ce que je fais, je suis parfois baveux, je félicite les dictateurs, je me fais le petit «copain» de Keystone et je peux même renier mes promesses électorales d'un fédéralisme collaboratif. C'est pas grave pourvu que nos petits-enfants soient heureux dans 50 ans.
En attendant, chers Canadiens, Canadiennes, passez de joyeuses Fêtes pendant que je prépare ma prochaine liste d'invités à 1500 $ le couvert.
H. Louis Arbour, Lévis