Du silence à la violence

Pour m'être abstenu d'exprimer ma «silencieuse détresse» et de briser ce mur derrière lequel je m'étais tapi, il y a eu tragédie humaine. 1989.
J'étais cette catégorie de mâles que rien n'affectait. Tristesse, colère réprimée, fuite «par en avant», usager du «paraître», pendant des années, je me suis fui à moi-même. À mes sentiments et leurs émotions, j'ai imposé «l'omertà».
Que dire à des hommes, à des êtres humains se disant incapables de...? Et si ça se limitait, au départ, à une seule et unique question? Celle-ci composée de quatre mots : «Comment je me sens?»
Je survis à cette tragédie dont j'ai été l'auteur. Ma survie, je la dois aussi à des professionnels de la trempe de ceux mentionnés par votre quasi-cahier journalistique. Professionnels à qui j'adresse ma vive et profonde reconnaissance.
Merci à monsieur Provencher et à vous, gens du Soleil, pour votre sensibilité à l'égard de la condition masculine.
Gaston Bourdages, écrivain, Saint-Mathieu-de-Rioux