Du grand Macron

Le président français a livré un grand discours ce 25 septembre devant l’Assemblée générale des Nations unies.

Condamnant «la loi du plus fort» et l’unilatéralisme qui conduisent directement, selon lui, «au repli et au conflit». Et de continuer : «Nous sommes en train de voir aujourd’hui se déliter le droit international, toutes les formes de coopération, comme si de rien n’était, par peur, par complicité». Le président rejette tout cynisme mais demande aussi que l’ordre international soit réformé. Mais l’ONU et ses institutions doivent être résolument défendues et non dénigrées.

Voilà un discours aux antipodes de celui de Trump fondé sur la force et la souveraineté des États et en particulier celles des États-Unis. Sans vouloir sanctifier Emmanuel Macron, il faut reconnaître à l’ancien étudiant du grand philosophe Paul Ricœur une hauteur de vue manifeste. Dans le concert des dirigeants actuels, il fait bande à part, bien loin des Poutine, Jinping et Erdogan, hommes à poigne admirés par Trump. Il est vrai que Macron, comme Obama, peut faire de beaux discours. Mais mieux vaut ceux-ci que le silence ou la complaisance.

Michel Lebel, ancien professeur de droit international, Entrelacs