L'oeuvre d'art Dialogue avec l'Histoire, un cadeau du gouvernement français, est tombée sous le pic des démolisseurs mercredi.

Dialogue avec l'histoire ou monologue artistique?

En réaction au texte «Destruction de Dialogue avec l'histoire : un geste barbare à réparer» de M. Kitenge Banza publié le 6 juillet
Dans une lettre ouverte au Soleil du 6 juillet, M. Moridja Kitenge Banza, président du RAAV (Regroupement des artistes en arts visuels du Québec) se lance avec conviction à la défense du fameux «Rubic Cube» et du traitement barbare que la Ville de Québec lui a fait en le démolissant devant les caméras.
Je ne suis pas un artiste et je ne comprends peut-être rien à l'art, mais je pense que c'est le résultat de l'intention et de le qualité de la représentation visuelle ou auditive et qu'il comporte une certaine difficulté de réalisation. Un musicien qui excelle avec son instrument est un artiste: l'apprentissage est difficile et requiert parfois toute une vie de pratique, d'erreurs et de correctifs mineurs. De tous temps, on a reconnu l'art dans l'oeuvre des grands peintres et sculpteurs. On s'incline volontiers devant eux et pour cause.
Dans ma turpitude d'ignare en la matière, je me trouve à penser que la bonne ou mauvaise idée de dessiner un cube sur une planche à dessin ou à l'aide d'un logiciel de dessin assisté par ordinateur, puis de l'opposer à l'architecture historique du Vieux-Québec pour faire contraste, eh bien c'était tout-à-fait à ma portée intellectuelle. Il y a une racine artistique, mais cette racine peut plausiblement être le fruit d'une idée qui prend 2 minutes à élaborer. La réalisation physique est quant à elle plutôt technique et selon moi de nature architecturale: c'est le genre de réalisation dont on s'attend d'un architecte qui a aussi en général la délicate tâche d'y concilier la fonction. L'oeuvre architecturale devra peut-être céder sa place à d'autres réalisations un jour, c'est la fonction qui le requiert. Le Rubic Cube n'avait de fonction que de transposer l'idée du fameux «dialogue avec l'histoire» et ne devait sa survie qu'à une politesse toute diplomatique vis-à vis son donateur, la Ville de Paris. On a crevé l'abcès et on avait une bonne raison de le faire. On ne déménage un bâtiment ou une oeuvre architecturale que s'il peut être utile ailleurs, ce n'était pas le cas et c'est bien ainsi.
Le RAAV devrait s'appliquer à défendre les artistes qui vont un peu plus loin dans leur démarche et qui ne se cachent pas derrière leur supposé génie artistique, il gagnerait en crédibilité.
André Verville
Lévis