Deux fêtes si différentes

À la Saint-Jean-Baptiste — ou fête nationale des Québécois —, on célèbre une nation, une langue, une culture (c’est pourquoi les communautés francophones à travers le Canada la fêtent également). Les Québécois sont très ouverts à ce que tous les francophiles viennent partager avec eux la fierté d’avoir réussi à survivre — tant bien que mal — au milieu d’une mer anglophone. Dans ce contexte, on comprend que l’idée de chanter en anglais à la Saint-Jean est plutôt absurde...

Le 1er juillet, on commémore la création du Canada (le 1er juillet 1867). Le Canada n’est ni un peuple ni une culture ni même un territoire. C’est un document, géré par un Parlement. Ainsi, la fête se déroule surtout à Ottawa : on affiche des symboles, on déploie des armes, on étale des richesses... bref, on essaie d’épater la galerie et d’aider les spectateurs à «se sentir Canadiens».

Chaque année, ces festivités provoquent un certain malaise. C’est que la fierté, ça ne s’impose pas.

Hélène Marquis, Québec