Des réfugiés? Non

En réaction à l'éditorial de Pierre Asselin «De la patience et de la compassion» paru le 8 août
J'ai moi-même déjà écrit en faveur des réfugiés (syriens, notamment), mais là, M. Asselin pousse le bouchon un peu trop loin. Pour justifier son appel à la compassion, il mentionne notamment la possible fin du moratoire aux États-Unis, le tremblement de terre de 2010, l'épidémie de choléra (en voie de résorption), les ouragans et le PNB de ce petit pays des Antilles. Hélas, aucun de ces phénomènes, ni leur addition, ne fait des demandeurs d'asile haïtiens des réfugiés au sens des lois et conventions internationales et encore moins au sens de la loi canadienne sur l'immigration.
Ces demandeurs d'asile sont des immigrants économiques, et rien ne justifie qu'ils passent outre à nos lois ni qu'ils se glissent devant les autres étrangers qui veulent s'établir au Canada en les respectant. Oui, Haïti est un pays pauvre, dont le niveau de résilience est très bas. Mais les désastres naturels y ont été amplifiés par une gestion politique calamiteuse et par la déforestation à laquelle se sont livrés ses habitants. Le ministre des Affaires étrangères d'Haïti appelle d'ailleurs ses compatriotes volontairement exilés à rentrer dans leur pays pour y oeuvrer à la reconstruction.
Maquiller en réfugiés ces immigrants, qui arrivent à Plattsburgh en avion et prennent un taxi jusqu'à la frontière canadienne, bafoue la loi canadienne sur l'immigration et encourage les resquilleurs. L'angélisme de ceux qui réclament qu'on les accueille sans condition ne peut que nourrir la rancoeur et la xénophobie. Comme le disait Michel Rocard, un homme de gauche, nous ne pouvons pas accueillir «toute la misère du monde». 
Marc Simard, Québec
***
Epoo, Bethany: 2003-2017
À Inukjuak, le 22 juillet, à l'âge de 14 ans, est décédée Bethany Epoo. Elle laisse dans le deuil ses parents, ses amis ainsi que cette minuscule communauté sise dans le Nord-du-Québec. La famille appréciera sûrement de recevoir les condoléances de tous les Canadiennes et Canadiens émus par ce drame, surtout qu'il survient au cours de cette période de l'année où l'on célèbre la Journée internationale des peuples autochtones. Au lieu de fleurs, vos marques de sympathie pourraient se traduire par votre intérêt envers l'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées.
Martine Lacroix, Montréal
***
Le Canada, une deuxième Allemagne?
Les Haïtiens quittent en grand nombre les États-Unis puisqu'ils craignent de ne plus pouvoir vivre en sol américain. Le président leur ferme la porte. Où s'en vont-ils ? Ici, au Québec; bientôt ailleurs au Canada. Nous les acceptons toutes et tous. Voilà qui est bien! Cependant, il se pourrait bien que cet exode devienne une marée humaine, un exode sans fin. 
Aujourd'hui, ce sont les Haïtiens qui traversent les frontières du Québec; demain, il est bien possible que ce soit l'Ontario et les autres provinces qui assistent à ce grand dérangement. Aujourd'hui, ce sont les Haïtiens; demain, ce seront les femmes et les hommes de l'Amérique centrale ou de l'Amérique du Sud, qui vivent sans papier aux États-Unis, qui se verront montrer la porte par une politique inhumaine du président Trump. 
À ce moment-là, le Canada et le Québec vivront au même rythme que l'Allemagne il y a deux ans. Mais, nous vivons dans un grand pays qui a besoin d'une immigration soutenue pour peupler ses grands espaces, ses grandes villes, ses grandes régions. Malgré tous nos petits travers, nous sommes accueillants et ouverts. Accueillons ces gens avec enthousiasme et générosité. Après tout, disait un quidam, nous sommes en 2017...
Lévis Bouchard, Québec