De Tel-Aviv à Jérusalem, de New York à Montréal

Le 21 décembre, une résolution condamnant la décision états-unienne de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël a été adoptée par une imposante majorité de pays à l’ONU. Ce qui a fait réagir l’ambassadrice états-unienne, Nikki Haley : «Les États-Unis se souviendront de cette journée où ils ont été mis à l’index et attaqués (…). Nous nous en souviendrons lorsqu’on nous demandera, encore une fois, de faire la plus importante contribution aux Nations unies.»

La veille, Donald Trump avait donné le la : «Ils prennent des centaines de millions et même des milliards de dollars et, ensuite, ils votent contre nous. Laissez-les voter contre nous, nous économiserons beaucoup, cela nous est égal.»

Les États-Unis font comme Israël et la Corée du Nord, qui dénigrent sans relâche l’ONU. Mais si ces deux derniers ne peuvent pas lui mettre des bâtons dans les roues, les premiers, eux, si. Un tel pays ne mérite pas l’illustre organisation sur son sol.

Une fois que le déménagement de l’ambassade états-unienne sera réalité en Israël, les pays opposés devraient servir à Washington le plus beau des camouflets : déménager le siège principal de l’ONU ailleurs. Les États-Unis la détestent tant qu’ils seraient bien malvenus d’opposer leur veto. Je parie que l’iconoclaste Trump en serait même ravi, débarrassé qu’il serait de cet empêcheur de tourner en rond. Les terrains de Manhattan, parmi les plus chers au monde, seraient récupérés.

Montréal, qui se trouve à quelque 600 kilomètres de New York, s’avérerait un bon choix pour accueillir l’ONU, plus nécessaire que jamais. Mais ce qui aiderait surtout sa cause, c’est que Justin Trudeau cesse de jouer sur tous les tableaux (le Canada s’est abstenu de voter sur la résolution du 21 décembre) et prenne le bon parti.

À Montréal, l’ONU serait traitée aux petits oignons par la mairesse Valérie Plante.

Sylvio Le Blanc

Montréal