Thomas Mulcair, chef du Nouveau Parti démocratique

De Jack à Tom

Si on se fie aux derniers sondages, la vague orange semble apparemment vouloir déferler au Québec.
Comment expliquer cet engouement envers un parti fédéraliste qui, une fois au pouvoir, tranchera fatalement pour la majorité, obéissant à la loi du nombre? Dans la foulée de la précédente campagne électorale, on mise sur le charisme du chef. Cependant, Mulcair n'est pas Layton. Qu'à cela ne tienne, le cinéma nous a appris que le maquillage peut faire des miracles. Du personnage sombre, on peut faire jaillir la lumière. Au Québec, Thomas devient Tom, avec un sourire permanent et quelques positions nationalistes.
En apparence, le NPD se prétend de gauche, la nouvelle gauche, celle de Tony Blair à la sauce Thatcher. De plus, certains prétendent que les néo-démocrates sont des libéraux pressés. La campagne actuelle semble leur donner raison. Qu'est-ce qui différencie ces deux partis et leurs chefs qui ont des programmes similaires, si ce n'est l'assurance de l'un par rapport au  manque d'expérience de l'autre? Si ces deux partis de centre et de «gauche» avaient fusionné, le cauchemar conservateur de Harper aurait disparu depuis longtemps de l'écran radar canadien.
Si Tom fait aussi bien que Jack, le sort du Bloc québécois est en péril, à moins que les 37 % de souverainistes votent selon leurs convictions et non sur une vague orange de fédéralistes centralisateurs, qui risquent, comme à l'accoutumée, d'oublier le Québec distinct après l'élection. Si l'ambiguïté est canadienne, l'ambivalence est québécoise.
Marcel Perron, Neuville