D'autres demi-vérités

En réaction à l'éditorial «Uber: donner une chance à l'entente» paru le 13 septembreM. Asselin parle des demi-vérités qui ont cours dans les débats actuels, et elles sont nombreuses. Dans la campagne de relations publiques menée depuis un an, on vise à dépeindre Uber comme la méchante multinationale qui ne prélève pas les taxes qui veut écraser le pauvre petit chauffeur de taxi qui travaille pour rien.
Et ça marche. Première demi-vérité: le chauffeur Uber est un travailleur autonome et il n'est pas tenu de prélever TPS/TVQ si ses ventes sont inférieures à 40 000 $. En contrepartie, il ne peut réclamer de crédit de taxes sur ses coûts. D'autre part, l'industrie traditionnelle du taxi est depuis toujours un paradis d'évasion fiscale; Revenu Québec estime ses pertes annuelles à 75 millions $, et autant au fédéral.
Deuxième demi-vérité: le permis de taxi est très payant, à un point tel qu'un investisseur est prêt à payer jusqu'à 200 000 $. Le chauffeur misérable qui dort et mange dans la voiture est le cheap labor des investisseurs détenteurs des permis.
Troisième demi-vérité: les gouvernements n'ont jamais délivré de permis de taxi à 200 000 $, c'est le prix qu'encaisse le détenteur investisseur lorsqu'il le cède à son chum. Contrairement à ce que prétend M. Chevrette, le gouvernement n'a aucunement à rembourser ces investisseurs si la valeur marchande de ces permis diminue, même si certains fonds bancaires plus solidaires leur ont prêté beaucoup d'argent.
Est-ce que les investisseurs dans Nortel, Bombardier et autres peuvent exiger du gouvernement qu'il les rembourse de leurs pertes encourues? Les bons et les méchants ne sont pas nécessairement ceux qu'on nous fait croire.
Richard Carrier, Lévis