Daniel Gélinas, bâtisseur

Daniel Gélinas tire sa révérence ayant accompli sa tâche avec compétence et vision. Il est un bâtisseur de grands projets ayant une portée sans frontière, sachant leur insuffler un élan impressionnant.
Trop de politiciens excellent dans l'art de la tergiversation stratégique. Daniel Gélinas dépasse cette façon de faire. On a tous l'intuition qu'il explorera d'autres champs d'action. On peut penser à de grands dossiers en souffrance. On le voit relever des défis à la mesure de son talent. Oui, un homme au potentiel particulier. Une capacité de rêver, en quelque sorte, un penchant pour l'originalité et pourquoi pas cette envie de voir toujours plus grand? Serait-il apte à toucher l'âme de Gary Bettman ou à faire avancer véritablement le dossier du pont de Québec?
Douglas Beauchamp, Québec
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Voir 887, sans oeillères
En réaction au texte d'opinion de Monsieur Roger Barrette, «Pourquoi cacher le fleurdelisé dans la pièce 887?», paru le 27 juillet
Je ne suis ni historienne ni dramaturge, mais quand j'ai vu et écouté le saisissant 887 de Robert Lepage, je l'ai suivi avec ma pensée, m'ajustant à son âge au moment où il vivait les événements, rien de plus et surtout rien de moins. Je crois que là était aussi la force de sa pièce, savoir nous faire vivre dans son personnage à travers le temps et non son contraire.
Que se passe-t-il dans la tête d'un enfant de 10 ans face à la politique du temps? Quand j'avais 10 ans, il y avait eu ce soir d'élections provinciales. Ce soir-là on avait le privilège, ma soeur et moi, de rester «à veiller tard» sur le balcon de l'avenue Cartier, à Québec. Mon père avait sorti le poste de radio par la fenêtre du salon. On attendait toute la soirée attentivement pour savoir si «mon oncle allait gagner» : il était député en Abitibi sous Maurice Duplessis. On n'a jamais eu les résultats à la radio ce soir-là, bien sûr. C'est trop long et trop loin. On est allés se coucher. C'était ça, la politique à 10 ans, une affaire de famille, un souvenir pour plus tard... Rien à voir avec un engagement politique ou historique. Ma famille a de tout temps été indépendantiste. 
Cher Monsieur, je vous souhaite de revoir le 887 de Robert Lepage avec un peu plus de souplesse artistique et vous y arriverez en enlevant vos rigides oeillières d'historien. 
Hélène Garant, Québec
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Mauvais jugement sur Québec 84
Pour moi, le seul souvenir désagréable de cet événement s'est produit peu après la fin de l'activité. Ça s'est passé à Radio-Québec. Des organisateurs, dont M. Drouin, faisaient face à des «experts». Un de ceux-ci a eu le culot d'affirmer qu'à Montréal (quelle surprise) on savait que ce serait un fiasco, et d'ajouter : si on nous avait consultés avant, on les aurait mis en garde. Quel génie... 
Après coup, le premier venu peut vous dire : je le savais que ça ne marcherait pas. De mémoire, et probablement trop surpris par cette affirmation gratuite (devrais-je dire stupide?), M. Drouin n'a pas réagi. Alors, exorciser un événement qui s'est déroulé sur 63 jours il y a 33 ans, contre les quatre de cette année, constitue un manque de recul, pour ne pas dire de jugement. Aussi, n'oublions pas que des prophètes de malheur avaient prédit des bouchons de circulation sur la 20, jusqu'à Drummondville, ce qui n'était rien pour attirer les visiteurs.
André Voyer, Québec