La bâtonnière du Québec, Lu Chan Khuong, a catégoriquement nié avoir commis un vol et plaide l'erreur d'inattention. Elle a indiqué qu'elle contesterait sa suspension, qu'elle qualifie de « déraisonnable », devant les tribunaux.

Curieux !

La dénonciation qui a frappé Me Lu Chan Khuong pose un certain nombre de questions qui ne semblent pas être ressorties. Il est possible que le Directeur des poursuites criminelles et pénales ait jugé que la version de Me Khuong (une distraction alors qu'elle dit avoir payé deux fois les mêmes pantalons chez Simons) était plausible mais que par mesure de précaution, la DPCP ait accepté quand même la déjudiciarisation de ce cas. Une hypothèse dont la réponse appartient à la DPCP. On aurait du être respectueux de cette décision.
Dans ce débat, deux questions graves se posent : cette dénonciation est-elle illégale ? Si oui, comment se fait-il qu'un journal comme La Presse se soit associé à un acte illégal ? Ou à tout le moins, qu'en est-il du code d'éthique que doivent respecter les médias dans pareilles circonstances ?
La liberté d'expression doit être préservée à tout prix mais pas au détriment de la loi surtout lorsque celle-ci vise une bonne administration de la justice et une réhabilitation rapide et efficace d'une personne qui a peut-être commis un acte répréhensible.
Bien sûr, le sujet est d'intérêt public mais doit-on permettre pareil étalage d'un délit au mépris des objectifs de la loi ? Il me semble que dans d'autres cas, les journaux sont beaucoup plus prudents.
Michel Leclerc
Québec