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«Coudonc, ça va-tu mal dans l’monde ou ben y a juste moé qui capote?»

Carrefour des lecteurs
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Le Soleil
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Cette phrase tirée d’une chanson de Dédé Fortin, sortie en 1998, est tristement et plus que jamais d’actualité.

Cette phrase tirée d’une chanson de Dédé Fortin, sortie en 1998, est tristement et plus que jamais d’actualité.

Laissons la COVID de côté, l’actualité en est tellement surchargée que ça serait inutile d’en rajouter. D’autant plus que d’autres problématiques extrêmement pernicieuses et graves reviennent sans cesse sans que rien ne semble vraiment changer. En voici trois – je me limite, j’essaie de rester positif! – qui me renversent et m’accablent à tout coup et qui me font douter profondément de l’humain.

Premièrement, la maltraitrance envers les aînés de plusieurs établissements publics et privés est tout simplement inadmissible et révoltante. Comme toute maltraitance envers n’importe qui d’ailleurs! Mais comment notre société a-t-elle évolué pour laisser ainsi dépérir sous une tonne de bureaucratie, d’oreilles sourdes et de gestes immoraux des êtres humains vulnérables qui ont forgé et déjà donné à notre collectivité? Ne pas respecter ces doyens en révèle beaucoup sur notre société.

Mais à quoi bon réformer nos institutions si notre habitat se meurt. Notre folle course effrénée à la croissance économique entraîne inéluctablement nos écosystèmes au bord du gouffre, à l’effondrement. On pétitionne par-ci par-là, on s’indigne, on fait une marche pour se donner bonne conscience. C’est bien, mais que se passe-t-il ensuite? La plupart des gens sont pour la vertu, mais combien sont réellement prêts à sacrifier leur niveau de vie en revisitant leurs habitudes de consommation, en votant pour des politiciens qui auront le réel courage de réformer? Ne pas respecter ce dont nous sommes issus, la nature, en révèle beaucoup sur notre espèce.

Et que dire de toute cette haine gratuite, tout ce fiel déversé sur les réseaux sociaux, tous ces amalgames douteux vociférés sans filtre, sans pudeur, où la malhonnêteté intellectuelle et l’invective sont trop souvent au rendez-vous. Où est passé le respect, la bienséance, l’intégrité, l’éducation? Voilà qui en dit encore long sur nos rapports humains.

L’être humain est pourtant capable d’un raffinement exquis, intellectuel et émotionnel, mais quand nous montrera-t-il sa réelle humanité? Finalement, y’a pas que moi qui capote je crois!

Philippe H-Leroy, Québec