Corruption: comment résister?

En affaires et en politique, on est constamment exposé à des opportunités, certaines claires et limpides, d'autres moins. Poser des questions sur les aspects troubles, c'est aussi devenir moins collaborateur et moins joueur d'équipe.
Tout à coup, ça fait de vous une personne qui a «des problèmes avec ça» et qui devra être écartée des cercles d'influence de l'organisation. Il n'y a que les caïds qui se vantent d'être dans l'illégalité, la plupart du temps les choses illégales sont maquillées sous une belle façade toute propre: on vous jurera que tout est parfaitement légal, on se montrera même insulté de vous voir suspicieux si vous posez des questions.
Bien gérer le flou sans se compromettre, c'est devenu une compétence incontournable de toute carrière en affaires ou en politique. Certains en ont fait un art et ils atteignent les sommets. D'autres moins prudents ou plus malchanceux vont se brûler les ailes. Quelques-uns vont tout simplement refuser de se prêter à ce petit jeu. Ils seront éliminés rapidement et on n'entendra plus jamais parler d'eux. Paradoxalement, ce sont eux les héros aux principes d'intégrité inébranlables, prêts à faire face aux conséquences, mais ils resteront des héros méconnus.
Rester intègre, c'est trop souvent condamner sa propre carrière. C'est le dilemme auquel font face trop de gens en affaires et en politique. Il ne faut pas se surprendre que plusieurs succombent à la tentation et s'assurent de ne pas poser trop de questions.
André Verville, Lévis