Le poste de péage de l'autoroute 30.

Combattre la dépendance aux ponts

Lettre à François BourqueJ'ai suivi avec attention votre série de chroniques sur la circulation, toutes très pertinentes. Il y a une solution que vous n'avez pas abordée - peut-être le ferez-vous -, celle du péage. En tant qu'économiste de formation, il m'apparaît aller de soi que le principe de l'utilisateur-payeur devrait s'appliquer dans le cas de ces ouvrages qui traversent notre majestueux fleuve. J'insiste sur «majestueux», car y construire un lien le traversant n'est pas donné, comme nous le savons tous.
Toutefois, ce n'est pas qu'une question de coût, mais aussi de dépendance. Les ponts sont surutilisés. Il a été étudié et documenté que plus nous construisons de ces structures en milieu urbain, plus nous en devenons dépendants. Il se fait une réorganisation de la vie urbaine postulant son existence assurée. Bref, l'offre crée la demande. Évidemment, quand nous sommes dans le domaine du «majestueux», cela devient un sérieux problème économique. L'exemple montréalais avec ses 19 ponts devrait nous en convaincre.
Une technique toute simple pour éviter ce problème est d'instaurer un péage à l'utilisation. En mon sens, toutes les structures qui traversent notre majestueux fleuve devraient être payantes, sans exception. Ce sont des goulots d'étranglement naturels qui coûtent très cher, et qui en plus se nourrissent d'eux-mêmes.
Le problème est mal compris de l'opinion publique. Il y a beaucoup de sensibilisation à faire. Étant donné l'ampleur des ressources en jeu, nous devons insister davantage. Notre gouvernement ne semble pas privilégier cette voie malheureusement.
Jean-François Morin, Lévis