Laisser passer le temps permet aux promoteurs d'obtenir les permis de démolition qu'ils souhaitent à Québec, estime l'auteur.

Club Appalaches et le Moyen Âge

Il y a 1000 ans, la civilisation européenne vivait l'époque du Moyen Âge : l'aristocratie détenait des droits seigneuriaux, la bourgeoisie profitait de privilèges et le peuple devait se contenter de miettes lui permettant d'accomplir sa mission de serviteur.
En 2015 dans les Basques, une région très «éloignée», la modernité tarde. L'opération déclubage de 1978, n'est pas encore arrivée dans notre forêt publique : Club Appalaches y détient des droits exclusifs de chasse et pêche, reconnus en 1999 par l'honorable René Letarte, juge de la Cour d'appel du Québec, qui en même temps, a reconnu le droit de circuler pour les citoyens ordinaires. Encore des miettes?
Depuis 1956, Club Appalaches a construit, installé, rénové et agrandi une trentaine de chalets, et a aussi ouvert et prolongé des kilomètres de chemin dans notre forêt publique, tout cela sans bail ni autorisation du Ministère. L'honorable Jean-Roch Landry de la Cour supérieure du Québec, dans un jugement de 1998, leur a reconnu des droits «de superficie» pour un maximum de huit camps ou chalets. Certains fonctionnaires endormis n'ont pas lu la page 26 de ce jugement ni le plan annexé en I-9, donc cette occupation illégale de notre forêt publique va persister.
En 2016, peut-on espérer que Jean D'Amour, député-ministre responsable de notre région éloignée, nous sorte du Moyen Âge en amorçant une procédure d'expropriation de ces droits exclusifs? Avec l'aide de son collègue, le notaire Laurent Lessard, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, il faudrait au moins ouvrir les yeux de certains fonctionnaires inertes, car s'ils continuent à pratiquer l'aveuglement volontaire, et que ces ministres continuent à faire la sourde oreille, on n'est pas sorti du... Moyen Âge.
Jean-Jacques Vien
Trois-Pistoles