Chanter dans sa langue officielle

L’auteur-compositeur Hubert Lenoir, 23 ans, déclarait dernièrement lors d’une entrevue, que l’on devrait accorder une place à la chanson anglophone lors du spectacle de la Fête nationale du Québec à Montréal. Ainsi on éviterait un mouvement de repli sur soi-même — nous, le peuple québécois — et on démontrerait une ouverture pour la communauté anglophone.

Hélas, ce n’est pas la première fois que l’on entend de tels propos au Québec. D’autres se sont avancés sur ce terrain glissant lors des 10 dernières années. Mais venant de la part de celui qui a reçu le prix Félix-Leclerc lors de la dernière édition des FancoFolies de Montréal, cela a eu l’effet d’une bombe. Évidemment les propos de la nouvelle révélation de la chanson ont soulevé un tollé.

Alors, si on parle de la Fête nationale du Québec, oui la table y est mise pour célébrer le français au Québec qui en a bien besoin, d’ailleurs. Maintenant, comme le nom de la fête l’indique, nous célébrons surtout la nation québécoise, son identité, son histoire et ses racines française.

Évidemment la communauté anglophone du Québec, qui représente moins de 10% de la population, fait aussi partie de notre nation. Alors, Hubert Lenoir se demande pourquoi une place ne serait pas faite à la musique anglophone lors de notre fête nationale. Donc une fête qui serait plus inclusive à leur égard.

Mais justement, si on veut évoquer la notion d’inclusion, la Fête nationale des québécois ne doit pas être visée. Et ses deux grands spectacles présentés le 23 juin, ceux de Montréal et de Québec, sont une vitrine offerte à la chanson francophone du Québec et une occasion de fêter la langue de chez nous. La langue officielle du Québec, après tout. Alors, vouloir déroger à cette règle en voulant que la chanson anglophone y soit entendue, serait faire fausse route, pour ne pas dire faire fausse note.

Célébrer une nation en y chantant dans sa langue officielle est un geste de respect pour ceux et celles qui y parlent cette langue.

Comme l’a si bien écrit Félix Leclerc dans son texte, Interdire la langue française au Québec, «chez tous les peuples du monde, la langue de la majorité est la seule officielle. À la Tour de Babel, elles étaient toutes officielles, de là, la confusion».

Yvan Giguère, Saguenay